Je manque vraiment à tous mes devoirs, moi! Je radote tous les jours sur mon boulot, mais je ne vous ai même pas décrit une journée ordinaire!
Alors let’s go! Je commence à 7 heures, j’arrive par le car des travailleurs handicapées et j’attends l’arrivée d’un salarié pour rentrer. De 7 heures à 8
heures, nous nous asseyons pour boire du café ou faire la réunion d’équipe. Si « femme du chef » est de mauvaise humeur et veut mener son monde à la baguette, on s’enfuit tous dans nos
salles respectives (manque de pot je bosse dans sa salle…).
A 8 heures, les artistes arrivent. On commence par une petite discussion ensemble sur la journée, les travaux à exécuter, l‘humeur... Ensuite, je me
dépêche de distribuer du boulot à tout le monde. Puis là c’est le festival, on se met à courir partout, à s’occuper de Kaï, à vérifier que Heinz a trouvé la colle, que Moni n’a pas
renversé de la peinuture, à rassurer Jenny… A 9 heures, les artistes vont prendre leur première pose, je mets sous clef les cigarettes d’Astrid qui a peur de se faire voler, et je donne une
cigarette à Moni qui est de suite heureuse. Puis je pars en pause, un petit déjeuner bien mérité m’attend, ainsi qu’une discussion philosophique avec
Patrick et la lecture du Bild zeitung (sorte de Voici allemand plein de photos).
Après ma pause, Jenny me saute dessus: c’est l’heure pédagogique! Je me hate de lui trouver un exercice, de lui expliquer, puis de partir m’occuper
des autres, lui permettant ainsi de travailler en autonomie et surtout de m’occuper du groupe, les autres éducateurs étant en pause.
A 11h30, on va tous manger, puis profiter du soleil dehors ou du froid c’est selon! Tout de manière on a pas trop le choix l’ensemble du personnel handicapé ou non a besoin de sa sacro-sainte
cigarette de midi! Ensuite, c’est la reprise du boulot, émaillé de pauses toutes les heures, jusqu’à 14h30, heure où Elke (femme du chef) ou moi proposons
une activité récréative au groupe (Memory, petis exercices, activités sportives….).
Puis à 15h, je gagne le groupe de Patrick, et je distribue aux 6 autres artistes un exercice, puis je les accompagne dans la réalisation jusqu’à 16 heures,
moment très riche en surprises, tout étant une affaire de dosage: une explication trop vite expédiée, un exercice mal adapté, et c’est le clash, à moi ensuite de juguler le truc!!! Les
premiers mois, Patrick devait souvent venir à ma rescousse, mais les 5 deniers mois, je connaissais les capacités de chacun, et j’arrivais à adapter mon comportment pour que chacun y trouve son
compte.
A 16 heures, les travailleurs sont libérés, et attendent le bus. Jusqu’à 16 h 30, l’équipe d’éducateur glandouille en attendant le départ de tous. Pour
moi, c’est l’occasion de discuter avec Klaaudia qui arrive d’un autre atelier à 16 heures, l’occasion de parler de tout et de rien. Puis à 16h30, je passe chercher mes affaires dans la
salle de repos, je salue mes collègues, et j’arrive vers Klaaudia en chantant « Feierabend » (fin de la journée). Puis, encore 30 minutes
de bus, et me voilà chez moi!!